CVT_Il-etait-un-fleuve_6712J'ai de nouveau été sélectionnée sur Netgalley pour découvrir un roman, choisi un peu par hasard, je ne vais pas faire durer le suspens indéfiniment: c'est un coup de coeur!

Le résumé (qu'exceptionnellement je vais raccourcir car il en dit un poil trop à mon goût): Une auberge au bord de la Tamise, par une nuit de solstice d’hiver au milieu du XIXe siècle.
Les habitués sont regroupés autour de Joe le conteur lorsqu’un homme pousse la porte, gravement blessé, portant dans ses bras une petite noyée. L’homme s’appelle Henry Daunt, il habite la région et expérimente cette technique révolutionnaire : la photographie. La fillette morte, personne ne sait son nom. Quelques heures plus tard, l’enfant pousse un soupir et revient miraculeusement à la vie.
Doit-on parler de magie ou bien ce phénomène peut-il s’expliquer par la science ? Mais surtout : d’où vient cette miraculée ?

Mon avis: vous le savez peut-être si vous nous lisez depuis longtemps mais Camille et moi avons une passion pour les contes, passion que nous mettons souvent à profit dans nos jobs respectifs. Cette passion, nous vient j'en suis presque sure de notre arrière grand-mère qui assise dans son fauteuil était capable de nous tenir en haleine des heures durant grâce à sa force d'évocation. N'ayant jamais un livre en main, elle perpétuait une tradition de contes oraux.

Dans il était un fleuve, nous découvrons comment naissent ces contes. Dans le pub de Margot, au bord de la Tamise, les petites gens viennent boire, écouter et raconter des histoires. Quand ils se retrouvent témoins d'une, à eux de la transmettre, de choisir leurs mots, leurs versions des évènements et de lui choisir une fin qui explique et conclue les différentes péripéties.

Car des péripéties, il va y en avoir. Tout comme le fleuve, colonne vertébrale du roman, l'histoire suit les méandres du passé des protagonistes, creuse peu à peu son lit entre un folklore teinté de fantastique et logique scientifique.

Le roman, est un conte. Il débute par il était une fois et se conclu par et ils vécurent heureux, légendes et rumeurs le constituent, cependant au coeur du merveilleux, l'autrice introduit des notions scientifiques émergentes au XIXème siècle. Rita, infirmière et sage femme, fait fi de Dieu et des traditions pour se référer à ses précieux livres de médecine, le récit est parfois scandé par les 15 secondes nécessaires au début de la photographie, la psychologie pointe le bout de son nez ainsi que les théories de Darwin.

Pour finir, j'ai trouvé la plume de Diane Setterfield totalement envoutante. Elle a su, dans son roman, planter une ambiance dont on ne sort pas si facilement et créer des personnages à haut potentiel romanesque au service d'une histoire pleine de mystères, vraiment originale.

Je vous l'avez annoncé plus haut, ce roman est pour moi un coup de coeur. Même si l'histoire n'a rien à voir, je rapprocherai Il était un fleuve de Miniaturiste de J.Burton pour la faculté de l'autrice à installer son récit dans une ambiance et à introduire du merveilleux dans une possible réalité.

Je n'ai qu'une hâte désormais, découvrir les autres romans de Diane Setterfield, notamment le treizième conte.