Le mois dernier, j'ai été sélectionnée par Babelio pour participer à une de leur Masse Critique. Dans la masse (c'est le cas de le dire!) de livres proposés un m'a tout de suite fait de l'oeil: Un piano à la Nouvelle-Orléans d'Emmanuel Roche.

Depuis aussi loin que je me souvienne, les USA me fascinent et notamment quelques villes au tempérament bien trempé qui dénotent un peu de l'image qu'on peut avoir d'une ville des Etats-Unis. A la première place, il y a ma chère San Francisco et tout juste derrière... La Nouvelle-Orléans!

Pour tout vous dire, depuis janvier, je peine vraiment à lire. J'ai ouvert quelques livres mais j'ai des difficultés à aller au bout, j'ai du mal à m'investir dans une histoire. Du coup, quand dans la liste de livres proposés à la critique j'ai vu le nom "Nouvelle-Orléans" et que ce livre était un recueil de nouvelles, j'ai pensé que cet ouvrage pourrait bien être le remède parfait à mes maux...

Un-piano-a-la-Nouvelle-Orleans

Résumé de l'éditeur:

"Ce n’est pas par un hasard géologique si en traversant la Nouvelle-Orléans le Mississippi décrit ses nombreux méandres. Tout l’incite à se tortiller de la sorte : le jazz, le blues, l’Histoire, les histoires, les crises, tout impose le contrepied et le pas de danse. E. Roche nous le rappelle à travers ce dernier siècle et demi qui a connu la guerre de Sécession, l’esclavage, les Nègres puis les Noirs, la Dépression, la Prohibition, le carnaval. À travers ces 8 nouvelles, l’auteur explore tous ces aspects de la ville où le noir et le blanc se mélangent tels l’ébène et l’ivoire d’un piano à la Nouvelle-Orléans, sans jamais produire de gris."

Voilà, vraiment de quoi m'allécher et c'est avec grand plaisir que j'ai plongé dans ce livre. Mon sentiment alors? Il est mitigé. Les nouvelles se lisent bien, le style est simple, clair. Les nouvelles sont unies par l'Histoire de la ville, certains personnages ou lieux centraux dans une nouvelle font une petite apparition dans une autre. J'ai aimé ce sentiment de petite communauté même si en fait l'auteur pioche dans une grande variété de personnages pour créer chaque histoire: noirs, blancs, touristes, pianiste, peintre, gars de la campagne, mafieux, riches, pauvres...

Chaque nouvelle se déroule bien jusqu'à sa chute, car l'art d'écrire des nouvelles c'est surtout avoir du talent pour faire chuter l'histoire. Chacune des 8 nouvelles fonctionne bien, chacune est une petite histoire à part entière mais dans chacune de ces nouvelles (sauf peut-être la seconde qui est la meilleure pour moi) il manque un peu de descriptions pour nous faire ressentir l'ambiance, l'époque, les quartiers de la Nouvelle Orléans. Certes dans une nouvelle on doit aller à l'essentiel et ne pas s'attarder en détails mais comme les nouvelles sont très courtes, quelques descriptions supplémentaires n'auraient pas trop alourdi le propos et m'auraient probablement permis de plonger au coeur de la ville plutôt que de me placer en touriste des évènements qui se déroulaient sous mes yeux.

J'aurai également apprécié une carte à chaque début de nouvelle permettant de constater l'évolution de la ville à chaque période et de me situer dans le quartier décrit. Bon là c'est peut-être mon côté historienne qui parle... car même si la Nouvelle-Orléans me fascine je ne la connais pas réellement et parfois j'avoue avoir été un peu perdue.

Au final, j'ai plutôt apprécié la lecture de ce recueil et je remercie Babélio et les éditions Paul&Mike (pol é mique, ça m'a fait marrer pendant 10 bonnes minutes et flanqué la chanson de Noir Désir dans la tête pendant des semaines!) de m'avoir offert l'opportunité de découvrir ce livre et cet auteur, ça fait du bien parfois de sortir de ses habitudes de lecture.