Comme l'an dernier, j'ai choisi de participer aux matchs de la rentrée littéraire organisés par PriceMinister!

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Le deal? Facile on choisit un livre de la rentrée littéraire dans la liste proposée par PriceMinister, on le lit et on publie sur notre blog une critique où figurera une note. A la fin l'organisateur rassemble toutes les données et établi un classement.

Si l'an dernier le choix du roman était évident, cette année ce fut un peu plus compliqué. J'ai pris pas mal de temps pour finir par réduire la liste à deux bouquins: Danse noire de Nancy Huston et La grâce des brigands de Véronique Ovaldé. Deux auteures dont je connaissais la réputation mais que je n'avais jamais lu. D'hésitations en hésitations j'ai fini par choisir Nancy Huston mais il est fort possible qu'un jour celui d'Ovaldé se pose sous mes yeux!

4ème de couverture: Danse Noire de Nancy Huston

Actes Sud

Sur un lit d’hôpital, Milo s’éteint lentement. À son chevet, le réalisateur new-yorkais Paul Schwarz rêve d’un ultime projet commun : un film qu’ils écriraient ensemble à partir de l’incroyable parcours de Milo. Dans un grand mouvement musical pour chanter ses origines d’abord effacées puis peu à peu recomposées, ce film suivrait trois lignes de vie qui, traversant guerres et exils, invasions et résistances, nous plongeraient dans la tension insoluble entre le Vieux et le Nouveau Monde, le besoin de transmission et le rêve de recommencement.

Du début du xxe siècle à nos jours, de l’Irlande au Canada, de la chambre sordide d’une prostituée indienne aux rythmes lancinants de la capoeira brésilienne, d’un hôpital catholique québecois aux soirées prestigieuses de New York, cette histoire d’amour et de renoncement est habitée d’un bout à l’autre par le bruissement des langues et l’engagement des coeurs. Film ou roman, roman d’un film, Danse noire est l’oeuvre totale, libre et accomplie d’une romancière au sommet de son art

Danse-Noire

 

Danse noire... dans un premier temps on imagine que la danse va être une valse, une valse à trois temps comme les trois personnages dont on suit le parcours tout au long du roman: Milo qui se meurt à l'hôpital la main dans celle de Paul, Neil le grand-père romanesque et Nita la prostituée paumée. Une valse comme les trois terres que l'on foule: le Canada, l'Irlande et le Brésil. Une valse encore comme les langues qui se chantent, se heurtent et s'entremèlent. Mais au final, ici point de valse c'est de capoeira qu'il s'agit, c'est son rythme qui guide Milo et c'est ce rythme que Paul va reprendre pour nous entrainer dans son film, le dernier qu'il réalisera avec Milo, ta, ta-da, Da .

Ce qui m'a plu en premier dans ce roman c'est sa couverture, certes ce n'est pas censé être un critère de choix pour un ouvrage, n'empêche, elle m'a fait immédiatement penser au film Arizona Dream d'Emir Kusturica et ça forcément ça donne envie.

Ce que j'ai aimé ensuite, c'est que ce roman m'a destabilisé par de nombreux côtés. Le premier fût le changement de personnage à chaque chapitre, les premières pages je ne savais plus où j'étais où j'habitais, d'autant qu'avec ces déplacements de points de vues on fait aussi des sauts dans le temps et les lieux, rien n'est linéaire dans Danse Noire. L'écriture d'ailleurs est aiguisée et rythmée ta, ta-da, Da. Dans l'histoire non plus pas de rondeurs, enfin, si, parfois, mais pas longtemps, dès que la ligne s'arrondie elle se brise et repart dans une autre direction.

J'ai aimé aussi ces changements de langue, ces argots irlandais, français canadiens et anglais canadiens, allemands, toutes ces langues qui composent les musiques de la vie des personnages. J'avoue en apparté cependant, que j'ai la chance de lire quasiment couramment en anglais. Je pense que ça m'aurait surement gonflé au bout d'un moment de me référer sans cesse aux notes de fond de pages pour comprendre ce qui se raconte. Mais au final, y a-t-il un meilleur moyen de nous faire entrer dans un personnage que de le découvrir en version originale?

Pour nous faire entrer dans le personnage, dans la scène là encore Nancy Huston utilise un dispositif très déstabilisant. Elle utilise pour succiter notre imaginaire deux procédés en simultané: la narration littéraire (évidemment nous sommes dans un livre) mais également la narration cinématographique (positionnement de caméra, musique, focus, fondu...) que Paul choisi au fur et à mesure qu'il construit le film avec Milo, et oui nous sommes aussi dans un film!

Cette année, les matchs littéraires m'ont permis de découvrir Nancy Huston. Je ne connaissais pas du tout l'oeuvre de cette auteur, ce que Danse Noire m'a permis d'entrevoir de son écriture me donne très envie de me plonger dedans! Ma note puisqu'il faut en donner une: 16/20!

Et vous en ce moment c'est quoi votre livre de chevet?